L'archéologie au Pays des Écrins

Occupations préhistoriques

Les recherches archéologiques au Pays des Écrins donnent lieu à des techniques nouvelles car elles se déroulent à haute altitude.

Les prospections

Depuis 1998, une équipe d’archéologues franco-anglaise, dirigée par Kevin Walsh et Florence Mocci, mènent des campagnes de prospection et de fouilles dans le Parc National des Écrins, sur le secteur de l'Argentièrois et de la Vallouise. Leur but : essayer de découvrir les traces des premières activités préhistoriques en altitude.

Les prospections pédestres sont une méthode utilisée pour identifier les endroits où il est pertinent de fouiller. Cela consiste tout simplement à marcher, les yeux rivés sur le sol, à la recherche d’indices archéologiques (silex taillé, tessons de céramique…). Elles permettent de dresser une carte archéologique et découvrir en surface tous types de sites (structures bâties, débris de céramique ou objets lithiques) Grâce à cette méthode, plus de 250 sites archéologiques datés de la préhistoire ancienne au Moyen-Age ont été découverts sur le secteur étudié. 

Les fouilles

Les fouilles se sont ensuite concentrées sur la commune de Freissinière, de Puy Saint Vincent et de l’ Argentière la Bessée. Les vestiges archéologiques retrouvés correspondent à des stations de chasse préhistoriques, des structures agropastorales datées d’il y a 4200 ans environ et des sites miniers médiévaux. La datation des sites a été réalisée par la méthode du carbone 14 sur les charbons de bois retrouvés.  C’est surtout du matériel lithique qui a été découvert, le matériel céramique ou osseux étant quasiment absent. Un objet remarquable a été retrouvé à plus de 2500 mètres d’altitude, au-dessus du lac de Faravel. Il s’agit d’une pointe de flèche. 

Les archéologues ont identifié plusieurs phases d’occupation de ce territoire. La plus ancienne date paléothique final et du mésolithique (plateau de Faravel).

L'abri des Écrins

La découverte, en 2010, de l’abri des Ecrins (alt. 2133 m) révèle un site inédit jusqu’à présent dans le Parc national. Cet abri, en cours de fouille, présente non seulement une occupation humaine comprise entre le Mésolithique et le Haut Moyen-âge mais aussi des images peintes de couleur rouge ce qui est une particularité tout-à-fait remarquable dans les Alpes occidentales. Des séries de tracés parallèles à obliques dont certains se superposent sont actuellement visibles. Deux autres représentations d’apparence plus figurative pourraient représenter deux animaux affrontés, dont l’un serait un cervidé (fig. 10). L’analyse de ces peintures a démontré que le pigment utilisé est une ocre rouge (Ph. Walter/E. Laval, Laboratoire d'archéologie moléculaire et structurale, CNRS, Paris). La datation de ces images est en cours d’étude. Seules des comparaisons formelles peuvent être effectuées avec d’autres ensembles rupestres. Plusieurs abris peints, datés entre le Néolithique à l’âge du Fer, sont aujourd’hui connus dans les Alpes. Cependant, rares sont ceux offrant des comparaisons satisfaisantes avec l’abri des Ecrins.