Le bois du Pays des Écrins

Forêts et travail du bois

Entre esthétisme et utilité, le bois est l'une des précieuses ressources du Pays des Écrins.

Les forêts du Pays des Écrins

Les forêts du Pays des Écrins sont composées de nombreuses essences différentes : de chênes, de frênes, de hêtres… Le mélèze est l’une des plus célèbres. 

Le mélèze 

Les vallées du Pays des Ecrins sont connues pour leurs mélèzes. A l’automne, ces arbres changent de couleur, parant les versants des montagnes de belles couleurs. En effet, ce conifère est particulier puisque, à la différence des sapins par exemple, il perd ses aiguilles lorsque l’hiver arrive. 

Cette particularité crée des forêts, appelées mélézins, avec un sous-bois riche. La perte des aiguilles permet une régénération de l’humus et la cohabitation de différentes espèces dans les sous bois, ce qui n’est pas le cas dans les forêts des autres conifères. 

A l’instar du noisetier ou du bouleau, le mélèze est une espèce pionnière. Il pousse sur des sols pauvres, contribuant à leur enrichissement, et si les conditions sont propices, il colonise de nouveaux espaces. Dans nos vallées, le mélèze pousse entre 1400 mètres et 2400 mètres d’altitude. Il s’est particulièrement plû dans les forêts pâturées au boisement clair. 

Son utilisation

Le mélèze est un bois imputrescible, c’est-à-dire qu’il ne pourrit pas. C’est donc une essence adaptée pour faire du bois d'œuvre. Les charpentes sont construites en mélèze et ce dernier était même parfois utilisé pour la couverture extérieure des toits. 

Les mélèzes ont longtemps été exploités pour cette caractéristique. Ils étaient abattus dans la région puis les grumes étaient assemblées en radeau et mises à l'eau dans la Durance. Au fil du courant, les grumes étaient dirigées par les radeliers et arrivaient jusqu’à Arles où elles servaient comme bois de contruction pour les charpentes ou pour la marine.  

Les radeliers de la Durance commémorent chaque année ce métier, disparu au début du XXème siècle avec l’avènement du chemin de fer. 

 

Un arbre mystérieux

Au Moyen-Age, le mélèze est entouré de mystère. Il est considéré comme la septième merveille du Dauphiné. En effet, il est le support de ce que l’on appelle la manne du Briançonnais. Au printemps, les mélèzes sécrètent un liquide visqueux qui forment des filaments blancs au goût sucré, c'est ce que l'on appelle la manne. 

La société médiévale, empreinte de chistianisme, y a vu une référence à un épisode biblique. Libérés par Moïse, les Hébreux fuient l’Egypte. Pendant quarante jours, ils errent dans le désert du Sinaï. Ils se nourrissent d’une espèce de poudre granuleuse que Moïse nomme la manne. C’est ainsi que la légende de la manne du Briançonnais est née. 

Outre cette manne, les mélèzes, et notamment ses bourgeons, peuvent être utilisés pour confectionner une liqueur

Quelques mélèzes remarquables 

Au gré de vos balades, vous pourrez découvrir certains arbres exceptionnels. À Freissinières, un mélèze mesure 1,80 mètre de diamètre. 

Dans le vallon du Fournel, un mélèze, étêté dans sa jeunesse, a produit une grosse branche très basse, ce qui lui donne une silhouette atypique. 

 

Le frêne noir de la vallée de Freissinières 

La vallée de Freissinière est quant à elle marquée par la présence du frêne noir. C’est d’ailleurs de cette essence, appelée Fraxinus nigra en latin, que la vallée tire son nom. 

À la fois souple et résistant, le frêne est un arbre très utilisé pour fabriquer des outils. Il peut aussi servir de bois d'œuvre. Le pastoralisme a aussi bénéficié de la présence du frêne puisque ses feuilles sont un bon élément de fourrage pour le bétail. Les peupliers noirs présents dans la vallée servaient aussi d'alimentation pur les animaux d'élevage. 

L’association Les Amis de l’Arbre à l’Ouvrage

Parmi ses 90 adhérents, cette association rassemble des passionnés et des professionnels du travail du bois. 

Elle a pour mission de gérer et de conserver une collection de plus 5000 outils liés au travail du bois. La majorité de ces objets étaient la propriété du compagnon menuisier, Louis Chiorino. Ils ont été ensuite rachetés par la Communauté de Communes du Pays des Écrins et, petit à petit, la collection s’enrichit d’autres objets. “L’arbre à l’ouvrage” c’est aussi le titre d’un livre rédigé par Louis Chiorino. En reprenant ce titre, l’association veut traiter le thème du bois dans son ensemble : de la forêt au travail du bois

Pour en savoir plus

Tout au long de l’été 2022, l'association organise, au musée de la mine d’argent de l’Argentière-la-Bessée, une exposition appelée "Auprès de mon arbre” sur l’exploitation de la forêt du XVIIème à nos jours. Elle présente une trentaine de panneaux réalisés par les archives départementales des Hautes-Alpes ainsi que les outils du forestier, du bûcheron et du débardeur. L'Office National des Forêts est partenaire de cette exposition et présentera les enjeux de la gestion de la forêt aujourd'hui. 

Vous pourrez aussi découvrir la reconstitution d’un atelier de menuisier dans la chapelle Saint Romain, à Puy Saint Vincent. 

Pour les journées européennes du patrimoine 2022, l’association organise des journées portes ouvertes au sein de l’ancien atelier de Louis Chiorino où elle présentera une partie de sa collection

À plus long terme, l’association porte aussi un projet d'espace muséographique à l’Argentière-la-Bessée. Ce projet serait aussi une façon de réhabiliter une partie de la friche industrielle.