Les Archives du Pays des Écrins

Les sources historiques

Dans son travail de recherche, l'historien est amené à travailler sur les sources écrites, les archives.

Des archives nombreuses 

Le Pays des Écrins, et plus largement toute la région des Hautes-Alpes, possède un fond d’archives médiévales particulièrement important, remontant jusqu’au début du XIVème siècle

Cette richesse archivistique s’explique par le mode d’organisation politique de la région. Les communautés d’habitants vivent coupées de leurs seigneurs qui ne sont qu’une présence lointaine. Elles s'administrent donc elles-mêmes. Les chefs de familles se réunissent régulièrement pour prendre les décisions qui concernent l’ensemble de la population du village. Ce mode d’organisation implique la formulation écrite de bons nombres de délibérations

De plus, les Hautes-Alpes font partie de l’aire de “droit romain”. Le droit romain est de tradition écrite et son influence imprègne nos vallées. 

Pour toutes les décisions impliquant plusieurs acteurs, ces derniers se rendent chez le notaire. Les registres notariés, appelés minutes, compilent tous les actes juridiques. Les grosses, quant à elles, sont des copies des actes ayant une vocation exécutoire.

La conservation des archives

Depuis la Révolution française, les notaires ont pour obligation de conserver leurs minutes et celles de leurs prédécesseurs. En 1928, la décision est prise de conserver toutes les minutes de plus de 125 ans aux archives départementales. En 2008, le délai est réduit à 75 ans

Les archives départementales possèdent des minutes relativement complètes à partir de la fin du XVIIème siècle mais les actes les plus anciens remontent au XIVème siècle. Vous pouvez par exemple observer ce traité de 1509 signé par Louis XI qui réhabilite les Vaudois des Hautes-Alpes.

Le travail de l'historien : exercice pratique

Comme vous avez pu le constater, les archives sont des documents difficiles à déchiffrer. Pour pouvoir les lire, l’historien reçoit une formation en paléographie, c’est-à-dire en transcription des écritures anciennes.  

Le document ci-dessous date de 1611. Il est conservé aux archives départementales des Hautes-Alpes (cote 1 E 1087). Vous pouvez vous entrainer à le déchiffrer ! En cas de doute, la transcription, réalisée par Maurice Lombard, se trouve juste après. 

Il s’agit d’un acte rédigé devant un notaire par des radeliers venus de la région d’Arles. Au Moyen-Age, les radeliers sont importants puisqu’ils s’occupent de l'approvisionnement en bois, et notamment en mélèze, de toute la région.

Cet acte fait part de l’impatience des radeliers d’Arles, venus à Embrun pour diriger les grumes dans les flots de la Durance. À leur arrivée, une partie du bois n’a pas encore été amenée au bord de la rivière. Or la saison de flottage touche à sa fin car le débit d’eau de la Durance sera bientôt insuffisant. Les bûcherons d’Embrun expliquent leur retard par la maladie de leurs bœufs.