Les chauve-souris

Nous poursuivons notre série News du Parc avec Frederic Goulet, garde moniteur au Parc National des Ecrins depuis 2009.

Au départ, naturaliste des milieux aquatiques, Frederic se spécialise ensuite sur les insectes et les chiroptères (chauves-souris).

Pourquoi les chauves-souris ?

Ce sont des animaux nocturnes, très mystérieux, longtemps méconnus et sur lesquelles circulaient toutes sortes de rumeurs et légendes farfelues…

Aujourd’hui, on sait que ce sont les seuls mammifères ailés volants, et qui utilisent l’écholocation, une sorte de «vision auditive» puisque le son est émis, il rebondit sur l’objet, et la chauve-souris aura même une idée de la texture du matériel.

Connaît-on les populations de chauves-souris sur le territoire?

Oui, on connaît plusieurs espèces sur le territoire que l’on suit par comptage. Autour des lampadaires, on voit volé des espèces communes comme les Pipistrèles de Khul ou la Cérotine commune. Le Parc national des Écrins suit une colonie de Grands rhinolophes à la chapelle de Rama (Champcella), ainsi que 2 colonies, dites de reproduction (que des femelles), de petits Rhinolophes à l'Église de Vallouise et dans une ruine à Entre les Aigues. Il existe également une colonie de reproduction d’Oreillards roux, espèce plutôt forestière, sur la Réserve des Délioures que l’on suit dans le cadre de Natura 2000 .

Comment compte-t-on les chauves-souris ?

A la tombée de la nuit, on se place à la sortie de leur gîte (ruines, combles) et l’on compte tous les individus qui sortent pour aller chasser. Ainsi, on sait qu’à l’Église de Vallouise il y a entre 20 et 30 adultes, et dans la ruine d’Entre les Aigues, il y a une dizaine. Il s’agit d’ailleurs de la colonie la plus importante vivant aussi haut en altitude (1600m).

Quel est leur mode de vie ?

Ce sont des insectivores stricts, aussi du fait de ce régime alimentaire, où les animaux deviennent migrateurs pour trouver leur ressource alimentaire toute l’année, comme les hirondelles, ou alors, ils hibernent ! Ainsi, les chauves-souris appartiennent à la 2ème catégorie, il faut qu’elles trouvent des gîtes tempérés où la température est positive, comme dans les systèmes karstiques, les ruines, les combles des maisons. Elles ont aussi besoin d’un taux d’humidité assez important afin que leur patagium, c’est la membrane située entre les tarses et qui leur permet de voler, ne sèche pas.

Au printemps, les chauves-souris se réveillent, chassent, s’alimentent à nouveau, et les femelles se regroupent afin de mettre bas.

La biologie des chauves-souris est très particulière puisque celles-ci ont passé tout l’hiver en hibernation, en ayant bloquées la fécondation ! L’accouplement a lieu en septembre, et chez nos espèces, les femelles bloquent les spermatozoïdes afin que la fécondation n’ait lieu que 6 mois plus tard, au printemps…

Les populations de chauves-souris sont-elles encore menacées ?

Malheureusement oui, il y a trois causes principales à cette diminution : la pollution liée à l’agriculture intensive et la diminution des insectes ; la destruction de leurs habitats remplacés par des zones commerciales, les combles et caves inaccessibles, la destruction des haies et bocages ; et le dérangement des grands sites d’hibernation, les grottes karstiques par la spéléologie, la délinquance urbaine dans les grandes carrières…

Peut-on les protéger ?

Les chauves-souris bénéficient d’un statut de protection nationale strict, nous n’avons pas le droit de les déranger (un réveil lors de l’hibernation peut être fatale), pas le droit de déranger leur lieu de reproduction. Aussi, les gens ne doivent pas hésiter à nous contacter s’il y a des chauves-souris chez eux, on peut les aider à diminuer la nuisance, ou les délocaliser.

Sur le territoire du Pays des Ecrins et plus largement dans le Parc, les populations sont assez stables car il y a peu de pesticide, beaucoup d’insectes donc de nourriture ; les habitats naturels sont relativement protégés et elles sont peu dérangées par les hommes…

 

Pour en savoir plus sur le Parc National des Ecrins et les chauves-souris :

Le Parc national des Écrins propose de l’information à la population, sous la forme de nocturnes cet été, avec les Mines d’Argent de l’Argentière-la-Bessée.

Le site des Mines d’Argent du Fournel: http://www.minesdargent.sitew.com/

Le site du Parc national des Écrins : http://www.ecrins-parcnational.fr/