L'histoire de l'Argentière-la-Bessée

Patrimoine industriel

L'histoire de l'Argentière-la-Bessée est marquée par l'activité industrielle : mine d'argent, production d'aluminium...

D’où tire-t-elle son nom ?

L’Argentière-la-Bessée, connue d’abord sous le nom de l’Argentière, s'appelle ainsi par rapport à la présence d’une mine d’argent sur son territoire. Cette dernière est connue et exploitée dès le Moyen-Age. La commune de l'Argentière fusionne ensuite en 1941 avec celle de la Bessée, ce qui lui donne son nom final : l’Argentière-la-Bessée.

Une ville marquée par l’industrie 

La mine de l’Argentière-la-Bessée est exploitée d’abord au Moyen-Age puis à l’époque contemporaine. Elle  fonctionne jusqu’en 1908, date d’épuisement de ses ressources. Pour connaître tous les secrets de la mine, rendez-vous sur cette page.

À la fin du XIXème siècle, l’exploitation de la “houille blanche”, l’énergie hydroélectrique, remplace peu à peu l’industrie minière. 

Ce second âge industriel de l’Argentière-la-Bessée est marqué par un personnage singulier : Gilbert Planche. Ce jeune ingénieur lyonnais d’une vingtaine d'années arrive à l’Argentière en 1888. Il a pour mission d’installer deux usines : une d’hydroélectricité et une d’aluminium. La production d’aluminium nécessitant beaucoup d’électricité, cela explique la construction presque simultanée des deux usines. Ce territoire est propice à l’utilisation de la force hydraulique puisque les terrains sont pentus et le débit dans les cours d’eau est important.

 

Malgré l’accueil peu chaleureux des locaux qui le prennent pour un espion anglais, Gilbert Planche réussit à mener à bien ses expériences. Il place des bouteilles dans le courant de la rivière et les chronomètre sur une section donnée afin de mesurer le débit d’eau. Les carnets retraçant ses expériences sont conservés au musée des Claux

Ces mesures prises, il peut commencer ses travaux. Deux conduites forcées sont construites, l’une captant les eaux de la Gyronde, l’autre de la Durance. L’usine hydroélectrique est construite en 1910 et celle d’aluminium en 1913.

 

L’âge d’or de l’Argentière

L’activité industrielle apporte la prospérité à la commune. Le maire, Pierre Alexis Alliey, avec l’aide de Gilbert Planche, transforme la ville. La Durance, sujette à des crues brutales, est canalisée ce qui permet l’aménagement des berges. Des cités ouvrières, une nouvelle mairie, ainsi que la fameuse horloge des Hermes sont construits. 

L'horloge des Hermes

Cette horloge, équipée de quatre cadrans, donne l’heure à tous les ouvriers de la ville, où qu’ils soient. À l’origine, deux cadrans devaient être installés sur les églises Saint-Apollinaire et Saint-Michel. Mais l’une est excentrée et l’autre classée monument historique. Le projet est donc abandonné au profit de la construction de la tour actuelle. Elle est érigée en 1922, à la demande du maire, par Maljournal, le directeur de l’usine d’aluminium.

 

L’entreprise Pechiney 

C’est le groupe Pechiney qui reprend en 1921 la production d’aluminium. Cette entreprise paternaliste met en place de nombreux services pour ses ouvriers : un cinéma, un gymnase, une patinoire, une maternité… On en trouve encore des traces aujourd’hui puisqu’il existe encore le Père Noël de la mairie, héritage du Père Noël de Péchiney.

En 1985, dans un contexte de désindustrialisation globale de la France, l’entreprise ferme ses portes et des explosifs font disparaître le bâtiment. Le centre ville est déserté, la population tombe de 2 400 habitants à 1 800.

 

Une reconversion touristique

L’Argentière, en quête d’un nouveau souffle, se tourne vers le tourisme. Une voie verte ainsi qu’un stade d’eaux vives est construit. Il accueille les championnats d’Europe en 2006 et la World Cup en 2011.

 

De nombreux témoignages du passé industriel sont encore visibles. Un sentier du patrimoine vous emmène les découvrir à travers le centre-ville de l’Argentière.  Il ne vous reste plus qu’à vous laisser guider.